Présenté
au Conseil National de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche (CNESER) du 13 avril 2021, le PIA annonce d’importants changements au sein des
universités.
Qu’est-ce qu’un PIA ?
Le
PIA : Programme d’Investissement et d’Avenir, est un programme d’investissement
financier de l’Etat mis en place pour inciter à l’innovation dans les
politiques publiques. Le premier PIA est lancé en 2011. En 2020, c’est le PIA 4
qui a été annoncé par le gouvernement pour la période 2021 à 2025 avec une
somme totale de 20 milliards d’euros.
Jusqu’ici,
pour les différents PIA, l’investissement était réparti entre secteurs
d’activités et thématiques variées puis versés à travers des appels à projet. A
la différence des précédents, la somme du PIA 4 est entièrement destinée aux
secteurs de la recherche, de l’innovation et du système d’enseignement
supérieur. La somme est cependant fléchée au travers de différents volets : la
santé, l’environnement, les technologies numériques, etc.
Le PIA 4, c’est quoi ?
L’appel à
projet présenté en CNESER porte le nom d’ “Excellence sous toutes ses formes”.
Les 800 millions d’euro dont il est doté doivent être dédié à “accompagner
(…) les acteurs de l’enseignement supérieur français qui souhaitent s’engager
dans un processus de transformation a? l’échelle de leur site, quelles que
soient leurs spécificités.”
Les
PIA ne sont pas une nouveauté dans le secteur de l’enseignement supérieur. En
2018, dans le cadre du PIA 3 par exemple, l’appel à projet “Nouveaux Cursus
Universitaires” avait été mis en place pour inciter les universités à rénover
leurs formations de licence, en proposant des parcours d’accompagnement
personnalisé, les passerelles entre les formations, etc.
En 2019, l’appel à
projet “Dispositifs territoriaux pour l’orientation vers les études
supérieures” incitait les acteurs d’un territoire à construire un projet pour
l’orientation commun.
A
travers la notion d’”Excellence sous toutes ses formes”, et la définition large
donnée avec, l’appel à projet regroupe en réalité les cahiers des charges des
appels à projet qui avaient été mis en place les années précédentes, afin de
simplifier les candidatures. L’accent a été mis sur la transition numérique
dans l’enseignement supérieur.

Quels enjeux en tant qu’élu.e ?
L’appel
à projet lancé présente comme principale caractéristique d’être
particulièrement large : de nombreux projets peuvent s’inscrire dedans. En
intégrant à la fois la recherche et la vie étudiante, les élu.e.s étudiant.e.s
peuvent s’en saisir pour promouvoir les priorités de leurs territoires..
D’importantes priorités de la FAGE et de son réseau peuvent être mises en avant
: les dispositifs d’orientation, la rénovation des licences, le développement
de la vie de campus, etc. L’importance de la somme globale allouée donne
également des perspectives intéressantes.
Le
rôle des élu.e.s étudiant.e.s est donc de se rapprocher des instances de
gouvernance de leurs universités, pour comprendre si celles-ci ont l’intention
de répondre à l’appel à projet et de mettre en avant certains axes de travail.
Les candidatures se découpent en 3 vagues :
·De mars à juin
2021,
·De juillet à novembre
2021
·De février à juin
2022
Quelles sont les limites dont il faut être conscient.e ?
Bien
que représentant un investissement financier important dans l’enseignement
supérieur, les PIA ont également des limites dont il faut être conscient avant
d’intégrer le processus :
·Ces investissements
ont une fin. La somme versée dans
le cadre des PIA ne vient pas soutenir durablement le budget des universités.
Les projets financés sont par conséquence forcément conduits à s’arrêter un
jour ou un autre.
·Les PIA visent à
développer le rayonnement des universités,
par conséquence, il entraine également une mise en concurrence de ces
dernières. La réponse à des appels à projet mobilise une part importante
des ressources humaines d’un établissement. Ainsi, les plus petits
établissements auront plus de difficultés à y répondre, et seront ainsi
moins compétitifs. Cette logique entraine aujourd’hui déjà un décrochage dans
le paysage de l’enseignement supérieur français (par exemple, les
établissements publics expérimentaux et IDEX captent davantage de financement
que d’autres universités).
·La logique de
financement est très souvent orientée, vers
une vision de l’enseignement que porte le gouvernement. Ce point de vigilance
présente des intérêts comme des dangers. Les universités sont aujourd’hui sous
financées, et donc dépendantes des appels à projets pour capter de nouvelles
subventions. Si certaines innovations portées par les PIA sont bénéfiques,
d’autre visent à rendre les universités compétitives (comme vu au point
précédent) et déforme l’homogénéité du service public sur le territoire.
·La rapidité avec
laquelle s’enchaine les PIA nuit à l’évaluation des dispositifs mis en place,
et par conséquent, il est difficile de les améliorer ou de tirer des
conclusions des expérimentations.