Du 10 au 21 juin 2019, chaque
élu.e des conseils centraux sera amené.e à voter pour ses représentant.e.s au
Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Ce nouveau cycle d’élections pour
le CNESER vient clôturer deux années riches en réformes, c’est un travail
continuel qui a été effectué par les élu.e.s sortant.e.s avec pas moins d’une
trentaine d’amendements déposés et 5 motions présentées. C’est une équipe
dynamique, pluridisciplinaire, et prête à porter les valeurs d’un enseignement
supérieur juste et démocratisé, qui présente aujourd’hui un programme ambitieux
qui se décline autour de 5 grands axes :
Garantir la démocratisation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
Garantir la démocratisation de
l’enseignement supérieur c’est garantir l’accès et la réussite de chaque
étudiant.e dans la formation de son choix. Un premier obstacle à cet objectif
rencontré par les jeunes repose dans l’orientation. La fracture entre le
secondaire et le supérieur est en effet considérable, comme en témoigne le taux
d’échec en première année de licence. Parmi les causes multiples, on peut
identifier facilement des défauts dans l’orientation des lycéen.ne.s. La
réforme du lycée offre un créneau de 54h dédiées à l’orientation. Ces heures
doivent être investies par les universités au sein des lycées, mais également
par les lycées au sein des universités, avec la généralisation des semaines
d’immersion par exemple. Au-delà de ces mesures, la FAGE demande un
accompagnement continu des lycéen.ne.s dans ces procédures par la
réorganisation des acteurs publics de l’orientation vers un interlocuteur
central et facilement identifiable. Le processus d’orientation doit se
poursuivre également après l’entrée dans les études supérieures par des cursus
moins tubulaires, permettant une orientation tout au long du parcours.
La démocratisation de l’enseignement
supérieur passe également par une hausse du financement, afin d’accueillir la
démographie croissante d’étudiant.e .s. Il est en effet inacceptable que
le financement se fasse via l’argent des étudiant.e.s par une hausse des frais
d’inscription, qu’il s’agisse des étudiant.e.s extra-communautaire ou des
écoles d’ingénieur. La FAGE demande à ce titre 1Md d’€ par an en financements
supplémentaires pour l’enseignement supérieur. La FAGE ne cessera de s’opposer aux
hausses des frais d’inscription observées dans le paysage de l‘enseignement
supérieur de nos jours et réitère sa demande de moratoire.
Assurer la réussite et l’insertion professionnelle des étudiant.e.s par une modernisation de l’enseignement supérieur
L’innovation pédagogique peine à
faire sa place dans l’enseignement supérieur en France. Il est pourtant
nécessaire de sortir de la pédagogie classique afin de permettre la réussite du
plus grand nombre d’étudiant. La FAGE prône depuis longtemps la mise en place
de l’approche par compétence, qui permet de recentrer la pédagogie sur
l’étudiant. Afin de permettre ces évolutions, il est nécessaire de créer dans
chaque université des pôles dédiés à l’innovation pédagogique, qui
accompagneront ces changements et permettront la formation des enseignant.e.s.
L’approche par compétence offre également une meilleure lisibilité des diplômes
des universités par les acteurs du monde socio-professionnel. La perception de
l’insertion professionnelle est également profondément bouleversée par la
rapidité des mutations du monde du travail. La FAGE demande, afin que chacun
puisse accéder aux professions de son choix à chaque moment de sa vie, le
développement de la formation tout au long de la vie.
Cette modernisation doit prendre
en compte tous les publics accueillis aujourd’hui par l’enseignement supérieur,
par exemple, les programmes de DUT doivent être revus afin de s’assurer
d’accueillir beaucoup plus de bachelier.e.s technologiques d’une part mais de
permettre également une réelle insertion professionnelle à la suite de cette
formation de l’autre.
Renforcer une coordination territoriale des établissements d’enseignement supérieur
L’organisation des établissements
d’enseignements supérieur, de par l’Ordonnance du 18 décembre, est amenée à
évoluer. La FAGE se montrera particulièrement vigilante à ce que ces nouveaux
regroupements ne permettent pas la hiérarchisation des établissements
d’enseignement supérieur, ou encore se fasse au détriment de la
représentativité des étudiant.e.s dans les conseils centraux de ces
établissements. Ce travail passe principalement par l’accompagnement des élu.e.s
des conseils centraux de chaque établissement. Les regroupements peuvent
cependant être les leviers d’une politique de vie étudiante plus pertinente :
en facilitant les mobilités, mais également en travaillant sur l’accès aux
services culturels, de sports et de santé pour tous les étudiant.e.s, notamment
ceux des campus délocalisés. L’équipe candidate y veillera.
Un enseignement supérieur au cœur du développement social et sociétal d’un jeune
Les universités façonnent la
société de demain. Elles doivent donc préparer et sensibiliser les étudiant.e.s
aux enjeux sociétaux.
Chaque établissement
d’enseignement supérieur doit ainsi prendre en compte dans sa politique de site
les enjeux du développement durable. Les plans verts doivent être accompagnés
d’actions concrètes en matière d’écologie sur les campus, et non uniquement de
campagne de communication. L’Université doit également permettre l’ouverture
sur les autres, et ainsi mettre en place de véritables actions contre les
discriminations en tout genre : violences sexistes et sexuelles, homophobie,
racisme et antisémitisme, etc.
L’université n’est pas qu’un
simple lieu de passage mais également un endroit où l’étudiant.e peut choisir
de s’investir. Au cœur cette formation citoyenne, l’émancipation par
l’engagement être largement facilitée par une mise en place effective des
Régimes Spéciaux d’Etudes. L’engagement doit être également reconnu comme
permettant l’acquisition de réelles compétences. L’équipe CNESER de la FAGE
demande à cette fin que la considération pour la vie étudiante soit centrale
par la mise en place de schéma directeur.
Promouvoir une recherche ambitieuse et accessible
La recherche et l’innovation ne
sont pas uniquement des enjeux universitaires ou nationaux mais également des
enjeux globaux. Repenser la recherche c’est aujourd’hui y repenser son accès.
En effet, un trop grand nombre de doctorant.e.s sont aujourd’hui en situation
de précarité, qui ne cesse pas après l’obtention de leur diplôme. Il est
nécessaire de démocratiser l’accès au troisième cycle, en le rendant plus
accessible à chaque étudiant.e, en sécurisant le statut du doctorant et en
faisant en sorte de que toutes les thèses soient financées.
L’équipe sera également vigilante
à la mise ne place de la réforme de l’accès aux études de santé, ou encore de
celle du service sanitaire, et de l’intégration universitaire des formations
paramédicales.
Les enjeux de ces deux prochaines
années sont nombreux et c’est consciente de ses responsabilités que l’équipe
CNESER aborde les challenges et l’avenir de l’enseignement supérieur français.