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Enquête FNESI : difficultés d’insertion professionnelle et précarisation de l’emploi infirmier

La FNESI a publié le 10 juin 2014 les résultats de son enquête sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. Elle révèle une difficulté de plus en plus en forte pour les jeunes professionnels de s’insérer professionnellement, mais aussi une précarisation des emplois.

Lancée en janvier 2014 sous la forme d’un formulaire en ligne, l’enquête a permis de recueillir 3 221 réponses de volontaires représentatifs de l’échantillon de population et en adéquation avec la moyenne de la population cible générale (âge, sexe, et année de diplôme).

Alors même que de nombreux rapports font état de la nécessité d’investir sur la profession d’infirmier pour répondre aux enjeux de santé publique de demain, que les recommandations sur l’évolution de la formation en soins infirmiers et la création de métiers intermédiaires vont également dans ce sens et que l’attractivité du métier d’infirmier n’est plus à prouver, la FNESI fait aujourd’hui le constat de l’inadéquation entre ces projections et la réalité de l’emploi.

14 % des diplômés depuis 2009 se déclarent sans emploi contre 3 % en 2011 et 44 % sont en contrat à durée déterminée (CDD). Des chiffres supérieurs aux difficultés d’insertion professionnelle constatées dans les autres filières puisque selon une étude du Céreq, 11 % des jeunes diplômés sont en recherche d’emploi entre 1 et 4 ans après leur diplôme. La profession d’infirmier continue pourtant de véhiculer une image de « plein emploi » alors même que l’Observatoire de la Vie Etudiante montre dans son enquête sur les conditions de vie étudiante de 2013 que 98 % des étudiants « accordent une grande importance aux débouchés professionnels pour leur choix de formation ».

Les périodes de chômage restent cependant de courte durée puisqu’elles sont à 84 % de moins de 3 mois. Mais les diplômés alternent des phases d’emploi et de chômage. En moyenne, les diplômés de 2013 ont eu 3,48 contrats. 41 % des infirmiers qui ont travaillé en intérim se sont vus proposer des missions d’aide-soignant. Il existe une adéquation entre la qualification et les emplois que les professionnels peuvent occuper.

Les secteurs gériatriques et psychiatriques souffrent d’une grande désaffection de la part de ces professionnels. L’augmentation de la population vieillissante et la prise en charge égale des pathologies psychiatriques sur le territoire sont pourtant de véritables enjeux de notre système de santé. Se pose alors la question de l’attractivité de ces services.

À partir de ce constat, la FNESI a proposé plusieurs pistes de réflexion :

Repenser la politique de gestion régionale

Les régions répartissent les quotas et les capacités d’accueil entre les établissements. Avec une augmentation de 67 % des quotas d’entrée depuis 1995, la rigidité de ce système voit ses limites. Celui-ci ne s’adapte pas au besoin d’effectifs infirmiers sur le territoire français et n’est pas adapté aux besoins de santé de la population.

Les régions ont la compétence d’autoriser la création des instituts paramédicaux et l’agrément de leur directeur. La vision géo-centrée des régions crée un biais dans la répartition des instituts. Les régions privilégient leurs politiques de croissance territoriale en ne mettant pas en exergue les besoins réels de démographie paramédicale. L’implantation d’un IFSI est vue comme vecteur d’attractivité d’un territoire et facilitateur de recrutement pour les centres hospitaliers rattachés à ces mêmes instituts. Pourtant, 66 % des jeunes diplômés ne travaillent pas dans leur région d’études. Pour la FNESI, l’attractivité du territoire doit être développée et est un préalable à l’ancrage du jeune diplômé dans une région.

Le développement de la filière

La création de métiers intermédiaires de santé, comme proposée dans le rapport de 2010 de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), doit permettre une régulation efficace des coûts du système de santé. À l’heure actuelle, seules trois spécialités existent pour les infirmiers, les étudiants se trouvent donc limités dans leur choix de poursuite d’études. Pourtant, 22 % des étudiants envisagent une poursuite d’études en Master ou en DU et 47,6 % envisagent une spécialisation ou une formation pour devenir cadre de santé. La poursuite d’études, en lien avec les besoins de santé publique, peut être vecteur de régularisation de l’insertion professionnelle des infirmiers.

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