Le plaidoyer jeunesse
de la FAGE
Nos positions pour les Jeunesses
Il n’y a pas une jeunesse unique, mais des jeunesses plurielles. Derrière ce mot se cachent des réalités, des parcours et des profils multiples. Pourtant, qu’iels soient étudiantEs, en insertion, apprentiEs, issuEs de quartiers populaires ou de zones rurales, tous les jeunes partagent aujourd’hui des défis majeurs : précarité grandissante, système d’orientation anxiogène, difficulté d’accès au logement et une incertitude grandissante face à l’urgence climatique.
À la FAGE, nous refusons de voir une génération entière sacrifiée ou uniformisée. Nous portons une vision où chaque jeunesse dispose des leviers nécessaires pour s’émanciper, s’épanouir et prendre sa place dans la société.
Démocratie étudiante
La démocratie est partout, et surtout, elle ne s’arrête pas aux portes des amphithéatres. Pour la FAGE les étudiantEs ne sont pas de simples usagerEs de l’Université, mais des citoyenNEs à part entière, capable de co-construire leur lieu de vie et d’études.
Les élections étudiantes souffrent pourtant d’un taux d’abstention structurellement élevé. Les causes expliquant cela sont multiples :
- Manque de lisibilité : les institutions universitaires semblent souvent complexes et lointaines. Ainsi, nous agissons au quotidien pour vulgariser le rôle des conseils et rendre les décisions transparentes ;
- Le sentiment d’impuissance : beaucoup de jeunes ont l’impression que leur vote ne sert à rien. Nos éluEs prouvent le contraire par des victoires concrètes ;
- Un vote non adapté : nous militions pour la simplification des modalités de vote et l’harmonisation des calendriers électoraux pour faciliter la mobilisation.
Au-delà des urnes, la démocratie se fait sur le terrain au quotidien. La FAGE défend une démocratie vivante et continue, en permettant aux étudiantEs de proposer et voter directement des projets pour transformer leurs campus avec les budgets participatifs ainsi que de voir directement les comptes rendus et d’être consultéE régulièrement par les éluEs.
La démocratie étudiante renvoie ainsi à l’idée que chaque étudiantE doit pouvoir disposer de lieux et de moyens pour comprendre le fonctionnement de son établissement, s’y exprimer et participer activement à sa vie.
en bref, la fage demande :
- Un rythme universitaire adapté pour l’engagement démocratique de chaque étudiantE : pause méridienne, aménagement des emplois du temps connus en avance, etc.
- Une information sur les élections plus accessible, innovante et adaptée aux jeunes, incluant également les doctorantEs avec par exemple une semaine de la démocratie étudiante sur les campus ;
- L’inscription automatique de l’ensemble des étudiantEs sur les listes électorales, et plus globalement une meilleure démocratie étudiante.
Pour découvrir les propositions de la FAGE pour renforcer la démocratie étudiante et la représentation des étudiantEs, demande sa contribution dédiée.
Participation citoyenne
La montée de l’abstention et de l’extrême droite, le manque de confiance dans les institutions et le sentiment de distance entre les jeunes et les responsables politiques témoignent d’une réalité : la démocratie traverse une crise profonde en France, particulièrement chez les jeunes.
Face à cette situation, la FAGE alerte : les jeunes ne sont pas désengagéEs, mais ne se retrouvent simplement pas dans les espaces d’expression et de décision. Pour répondre aux nouvelles formes d’engagement, il faut repenser les politiques publiques et abandonner des dispositifs comme la Journée défense et citoyenneté (JDC), inadaptés aux enjeux actuels.
L’engagement ne peut pas être un simple slogan politique : il doit se traduire par une réelle reconnaissance de la place des jeunes dans l’espace public. Pour la FAGE, la participation citoyenne implique de faire confiance aux jeunesses en leur donnant les moyens d’agir et de décider dès le plus jeune âge.
La parole des jeunes ne doit plus être seulement consultative ou instrumentalisée. Nous exigeons une véritable co-construction des politiques publiques de jeunesse, en intégrant massivement des représentantEs des organisations de jeunesse dans les instances de décision locales et nationales.
De plus, il s’agit de faire des jeunesses des actrices du présent et du futur. Pour cela, il est urgent de les écouter et de les intégrer dans le processus démocratique. Il est ainsi nécessaire de reconsidérer le rôle de l’éducation et de donner aux jeunes les clés pour devenir des citoyenNEs éclairéEs, afin que la démocratie et la politique soient l’affaire de touTEs.
EN BREF, LA FAGE DEMANDE :
Une meilleure formation des jeunes citoyen.NES
L’intégration de la pratique de la démocratique dans l’éducation, via des temps de débat, d’échange, des cours d’éloquence et un soutien au déploiement d’initiative de simulation parlementaire ;
La promotion de toutes les formes d’engagement, et une reconnaissance et valorisation de celui-ci ;
La mise en place du Parcours d’engagement et citoyenneté (cf. ci-dessous) donnant une grande place à l’éducation morale et civique (EMC) et à l’éducation aux médias et à l’information (EMI).
Améliorer le système démocratique et permettre aux jeunes de s’y investir
- Ouvrir le droit de vote à 16 ans, cette mesure doit nécessairement s’accompagner d’une éducation morale et civique et d’une éducation aux médias et à l’information accrue ;
- Systématiser la clause d’impact jeunesse dans la prise de décisions publiques, afin de favoriser le déploiement de politique publique répondant aux préoccupations des jeunes ;
- Lutter contre la non-inscription et la mal-inscription notamment en facilitant le changement de domicile ;
- Reconnaître le vote blanc.
Repenser le système démocratique
- Ecouter, reconnaître et améliorer les autres formes d’expression de la démocratie : Améliorer le Référendum d’Initiative Populaire (RIP) ;
- Mieux prendre en compte les avis émis par le CESE, via la création d’une journée dédiée au parlement pour l’examen des pétitions traitées par le CESE ;
- Réviser la composition du Conseil Constitutionnel, intégrant une nécessaire reconnaissance juridique des personnes nommées afin de favoriser la confiance des citoyenNEs ;
- Expérimenter d’autres modes de scrutin permettant une réelle expression de l’avis de la population ;
- Repenser le statut de l’éluE, notamment via l’instauration de garantie, de droits (notamment en termes de formation) et d’obligation. Les renouvellements de mandats d’éluEs doivent également être limités.
Pour aller plus loin sur la place des jeunes dans la vie démocratique et leur participation citoyenne, retrouve les propositions de la FAGE dans notre contribution « La démocratie au défi des jeunes : bâtir ensemble un avenir participatif ».
Parcours Engagement Citoyen
« La jeunesse a soif d’engagement » déclarait Emmanuel Macron en novembre 2025 pour introduire son service militaire volontaire. Pourtant, la réponse politique actuelle semble s’obstiner dans une direction : militariser cet engagement plutôt que de lui donner les moyens d’exister.
La jeunesse n’a pas besoin d’être encadrée à marche forcée. Elle a besoin d’être écoutée et enfin considérée. Au lieu de céder à une logique disciplinaire, il est urgent d’investir dans ce qui construit réellement une société : l’éducation, la citoyenneté, la liberté de s’investir et les leviers financiers pour le faire sans basculer dans la précarité.
Ainsi, la FAGE, convaincue que des dispositifs isolés et obligatoires ne pourront jamais répondre aux besoins de jeunes, réaffirme avec force son opposition au SNU et à toute forme de militarisation obligatoire. L’engagement est, et doit rester, un acte volontaire.
Face à cette tentative de mise au pas, nous opposons une vision ambitieuse, émancipatrice, et véritablement citoyenne : le Parcours d’Engagement Citoyen.
Ce dispositif complet, pensé de l’école primaire jusqu’à l’âge adulte, vise à permettre à chaque jeune de comprendre son rôle de citoyenNE, d’offrir les clés pour trouver sa propre manière de s’investir dans la société et de garantir l’autonomie et l’émancipation plutôt que la soumission à quelconque discipline militaire.
Le Parcours Engagement Citoyenneté proposé par la FAGE, EN BREF :
PHASE 1 : Une éducation à la citoyenneté efficiente tout au long du parcours scolaire
- Une révision de la carte scolaire pour une réelle mixité sociale.
- Un déploiement efficient de l’EMC dans le primaire et secondaire intégrant des temps de débat et la formation au fonctionnement des instances républicaines.
- La mise en place de l’éducation aux médias et à l’information (EMI) comme un module à part entière par les enseignantEs d’EMC
- Une démocratisation de l’engagement dans le secondaire, notamment via la création d’une option engagement au baccalauréat.
- La mise en place des “Journées Citoyennes” et du “Certificat Citoyen” afin de permettre aux jeunes de s’engager et développer des compétences selon leurs appétences.
PHASE 2 : Une porte d’entrée universelle vers la citoyenneté et l’engagement des 16-18 ans
Mise en place de la “Semaine de la Citoyenneté”, informant les jeunes sur leurs droits, leur rôle de citoyenNE et présentant diverses possibilités d’engagement. Les dotations actuellement utilisées pour la JDC et le SNU seraient en partie allouées à la mise en place des SC.
PHASE 3 : Un accompagnement de chaque jeune vers un projet d’engagement long et favorisant la solidarité
Ouverture d’un Service Civique Universalisé pour chaque jeune le souhaitant entre 16 et 25 ans, sur des missions collectives.
Autonomie et travail
Aujourd’hui, l’accès à l’indépendance est devenu un parcours du combattant pour toute une génération. Entre explosion de la précarité, barrières d’âge discriminatoires et insertion professionnelle précarisée, la FAGE défend un modèle qui garantir la dignité de chaque jeune, quel que soit son parcours.
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